Chroniques ecclésiastiques — Numéro 12

Considérations liturgiques & patristiques
sur le temps de l’Ascension du Seigneur

Quarante jours s’écoulèrent entre la Résurrection et l’Ascension du Seigneur.

Durant cette période, Notre Divin Maître apparut à ses Apôtres, les instruisant sur les mystères du Ciel et de la vie future, ainsi que sur la manière d’établir partout Son Église, que ce soit quant à ses rites, à ses pratiques ou à sa discipline.

De là vient que tout rite ou toute pratique, dans l’Église, dont l’établissement ne peut être daté, doit être considéré comme remontant aux Apôtres eux-mêmes.

Ainsi en va-t-il des rites de la Messe et des sacrements.

Le cierge pascal, représentant le Verbe de Dieu incarné, jusque-là allumé, a été éteint après le chant de l’Évangile et retiré de l’Église pour signifier la fin de la vie terrestre du Seigneur et son Ascension en corps et en âme.

L’Ascension du Seigneur, fresque d’Il Giotto, quattrocento.

 

Notre-Seigneur sera désormais dérobé à la vue de ses disciples, et dirigera son Église dont il est réellement le Chef invisible, du Ciel.

Saint Grégoire fait remarquer ceci, quant à l’Ascension du Seigneur :

« Nous savons par l’Ancien Testament, qu’Elie a été enlevé au ciel (IV Rois, ıı). Mais il faut distinguer ici entre le ciel éthéré et le ciel aérien ou atmosphérique qui est plus rapproché de la terre. Elie fut donc enlevé dans le ciel aérien, et déposé dans une région secrète du monde pour y vivre dans une paix profonde de l’âme et du corps, jusqu’à ce qu’il revienne à la fin du monde et paie son tribut à la mort. Remarquons aussi qu’Elie a été remporté sur un char, pour démontrer clairement que n’étant qu’homme il avait besoin d’un secours étranger ; Notre Rédempteur, au contraire, n’a eu besoin ni d’un char, ni des anges pour monter au ciel ; créateur de toutes choses, il s’élevait par sa propre vertu au-dessus de tous les éléments. Considérons encore ce que S. Marc ajoute : “Et il est assis à la droite de Dieu” alors qu’Etienne s’écria : “Je vois les deux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu.” (Ac. ⅴıı) Celui qui juge s’asseoit, celui qui combat ou porte secours se tient debout. Or, Etienne, au milieu du combat qu’il soutenait, voit debout Jésus-Christ qu’il avait pour soutien ; mais S. Marc nous le montre assis à la droite de Dieu, parce qu’après la gloire de son ascension il parait dans cette attitude comme juge des hommes à la fin du monde. » (1)

Saint Augustin dit aussi :

« II ne faut point entendre qu’il est assis comme les hommes ont coutume de s’asseoir, et dans ce sens que le Père serait assis à la gauche, et le Fils à la droite ; la droite, c’est la puissance qu’il a reçue de Dieu comme homme pour venir juger les hommes après qu’il était venu pour être jugé par eux.

L’expression s’asseoir ou résider, a le même sens qu’habiter ; ainsi nous disons d’un homme, il s’est assis ou il a résidé dans ce pays pendant trois ans ; c’est donc ainsi que Jésus-Christ habite à la droite de Dieu le Père, il est heureux et il habite au sein de la béatitude, qui est appelée la droite du Père. Là, on ne connaît que la droite, parce qu’il n’y a plus aucune souffrance. » (2)

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1 —  Catena aurea, S. Thomas d’Aquin, Commentaires sur l’Évangile de S. Marc, chap. xvi.
2 —  idem, ibidem.

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