Chroniques ecclésiastiques — Numéro 2

I — Présentation des Chroniques ecclésiastiques

Les Chroniques ecclésiastiques ont pour dessein de proposer au peuple chrétien un contenu édifiant et instructif, sous une forme brève et — nous l’espérons — accessible à tous.

Nous souhaitons maintenir un rythme hebdomadaire, les envois ayant lieu les samedis.

Les sujets abordés seront variés, pouvant même approcher les rives embrasées de l’actualité et des faits divers, mais toujours pour les mettre en perspective avec la doctrine de notre divin Maître et d’en exprimer enseignements & leçons spirituelles.

Le cas échéant, nous donnerons retour à vos questions sur la théologie, la discipline ecclésiastique, la liturgie, les Écritures divines, ou tout autre point. Nous tâcherons d’y répondre avec diligence et au mieux de nos capacités. N’hésitez donc pas à nous les adresser : administration@savonarola.ovh

Avant tout, notre spiritualité sera centrée sur l’explication des cérémonies liturgiques et le commentaire des textes de l’Office divin.

Notre ligne doctrinale est le catholicisme romain, intégral, sans alliage impur avec le souffre du modernisme, ni mixtion saumâtre avec le lefebvrisme.

La Gloria di Bernini, en la Basilique Saint Pierre de Rome, avec le reliquaire de la chaire du prince des Apôtres, majestueuse représentation de la souveraineté du Pontifex Maximus.

 

II — Une considération sur l’anticléricalisme

 

Il n’est hélas pas rare d’entendre dire au sujet du prêtre qu’il n’est qu’un « distributeur » ou — qui pis est — qu’une « machine à sacrements ».

Cette expression est dite avec autant de légèreté qu’elle mériterait d’être diligemment sondée et passée au crible de la raison illuminée par la foi.

Nous souhaitons ici faire un sort à cette tournure aussi abusive que dénuée de sens chrétien.

Si l’on ravale donc le prêtre au simple rôle de « distributeur », à la manière d’un automate, ne dégradons-nous pas également les biens dont il serait le « distributeur » au rang d’objets achetables et consommables ?

– introduisez par l’orifice quelques espèces sonnantes et trébuchantes, sélectionnez le bien désiré, et voilà que tombe toute fraîche quelque denrée consommable, prête à subir les assaults de mandibules affamées…

Serait-ce là notre conception des « biens » dont le prêtre serait le « distributeur » ?

Cependant, l’Apôtre des Gentils semble qualifier les ministres des sacrements en de fort différents termes :

« Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu » (I Cor., ıⅴ, 1).

Cornelius a Lapide commente ainsi :

« Le grec entend par dispensateur “économe”, c’est-à-dire celui qui a la charge de la maison, dans laquelle il régit, règle et ordonne toutes choses : bien plus, il remet, et libère des dettes là où il estime sincèrement que cela plait à son maître, ou bien là où c’est utile pour l’honneur de son maître.

Sa principale vertu est la fidélité et la prudence. Le Pontife est dans l’Église comme dans la maison de Dieu, ordonnant toutes choses, accordant l’indulgence, libérant des obligations, comme le fait un économe et un vicaire du Christ.» (1)

Les ministres du Christ ayant donc la charge et la responsabilité de la maison de Dieu, voyons de quels biens sont-ils les dispensateurs :

« … des mystères divins : mystiques, cachés et relevant de la doctrine divine, ainsi que des Sacrements du Christ.

Ce sont sous ces deux rapports que l’on doit comprendre les mystères du Christ, et c’est toutes ces choses que le Christ confia à Paul et aux Apôtres, comme pour en être ses économes. » (2)

Ainsi, les ministres de l’autel, loin d’être des automates, sont plutôt des dispensateurs ou des économes, agissant non point sous l’injonction de la vénalité, mais selon le bon plaisir du maître de maison, c’est-à-dire du Christ.

Les mystères divins, que ce soit la sainte doctrine ou les sacrements, ne sont donc pas « distribués » indistinctement à la manière d’objets profanes, mais plutôt dispensés à la discrétion des ministres, selon les dispositions intérieures de chacun, se réservant le droit d’accorder ou de refuser la participation auxdits mystères.

À cette lumière, nous voyons à quel point l’anticléricalisme latent de l’expression « distributeur » ou « machine à sacrements » est offensante au sensus fidei en plus que d’être porteuse de germes létaux pour l’unité de l’Église.

Nous ne pouvons que vous inviter à relire les Chapitres III & IV de la Première Épître de S. Paul aux Corinthiens.

C’est une vraie feuille de route sur la façon dont on doit considérer les ministres de l’Église, en dépit de leurs faiblesses et de leurs péchés.

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(1) Comm. in I Epist. ad Cor., Cap. ıⅴ, Cornelius a Lapide.
(2) ibidem, Cornelius a Lapide.

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