Chroniques ecclésiastiques — Numéro 21

Du ministre du Baptême

Nous parlions la semaine dernière de l’antique usage qui consistait à congédier les catéchumènes avant l’Offertoire de la Messe, ainsi que des raisons profondes de cette pratique — ancrées dans les profondeurs des enseignements du Divin Maître.

Nous n’allons pas nous éloigner du sujet aujourd’hui, car il nous faut parler d’une pratique aussi détestable que dangereuse qui, hélas, tend à prendre racine parmi les catholiques dits « traditionalistes. »

Nous voulons parler ici des laïcs qui, sans raison suffisante, prennent l’initiative de baptiser, sans le recours aux ministres de l’Église, sous prétexte que n’importe qui peut baptiser.

Rappelons ici ce que dit le Code de droit Canonique :

Le Ministre ordinaire du baptême solennel est n’importe quel prêtre, mais son administration est réservée au Curé ou à un autre prêtre, avec la permission du Curé ou de l’Ordinaire, laquelle permission, en cas de nécessité, peut être présumée [c. 738].

Dans les premiers temps de l’Église, seuls les évêques baptisaient, et certains Pères disent qu’il ne convient pas de baptiser sans la présente de l’évêque (v.g. Ss. Ignace & Jérôme).

Ainsi fut la tradition pratique et théologique de l’Église, que si le caractère sacerdotale certes suffit pour que le baptême soit légitimement administré, il faut du moins qu’on puisse se prévaloir de l’autorisation de l’évêque.

La raison de cette pratique est que et que seuls les évêques ont pouvoir sur celui-ci.

Le baptême nous agrège donc non seulement à l’Église universelle, mais encore à telle Église particulière, à un diocèse ou à une paroisse. Par conséquent, il incombe à celui qui a la juridiction dans tel diocèse ou telle Église de faire cette agrégation.

Le Baptême du Christ, Maître de Rheinfelden, XVe siècle.

Le ministre extraordinaire du baptême est le diacre, qui peut certes baptiser, mais ne le pourrait pas sans les permissions convenables de ses supérieurs, et en outre pour un grave motif.

Concernant le baptême privé, tout homme en possession de ses capacités mentales et en cas de nécessité, peut baptiser licitement.

Ce qu’on entend par cas de nécessité est fere solum mortis periculum (c. 759), qui se traduit par : vraiment uniquement en cas de péril de mort.

D’autre part, le Rituel romain précise que, par ordre de dignité, en l’absence du prêtre, on doit préféré un diacre à un sous-diacre, un clerc à un laïc, et un homme à une femme — sauf dans le cas où la pudeur l’exigerait, une femme pourrait être préférée à un homme.

Ceux donc qui baptisent sans nécessité, c’est-à-dire sans qu’il y ait péril de mort, encourent des censures ecclésiastiques. Pour autant, les baptêmes ainsi conférés, dans la mesure ou le rite a été suivi, sont tout-à-fait valides, mais nécessitent encore d’être dûment reconnus par les ministres de l’Église.

3 thoughts on “Chroniques ecclésiastiques — Numéro 21”

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