Chroniques ecclésiastiques — Numéro 6

Symbolisme & signification
des cérémonies de la Veillée Pascale

Les trois derniers jours de la Semaine-Sainte, on éteint les feux dans les églises. Les cérémonies se déroulent dans la pénombre. On peut voir en cela une image de la désertion des apôtres — véritables luminères dans l’Église — durant la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; ou encore une allégorie de la nuit dans laquelle était plongée l’humanité jusqu’à la venue du Messie ; ou bien comment les chrétiens vivent en ce monde dans un noir épais, ayant pour tout éclairage la seule lumière de la foi.

La Veillée pascale se déroule donc toutes lumières éteintes, durant la nuit, pour signifier les ténèbres dans lesquels le monde était plongé jusqu’à l’apparition du feu nouveau de la Rédemption. Le feu nouveau est lui-même tiré du sein de la pierre (1), c’est-à-dire du Christ, lui qui, « broyé entre les bras de la croix a laissé échapper sur nous l’Esprit-Saint » (2).

Adoration de l’Agneau mystique de Hubert van Eyck

Une fois le feu béni, on entre en procession dans l’église. On allume successivement une des trois branches du triple cierge. On peut voir dans ce cierge à trois branches une allégorie de la Très-Sainte Trinité. Chaque flamme est bien distincte l’une de l’autre quoique toutes soient de même nature. De même, les trois personnes de la Très-Sainte Trinité sont bien distinctes les unes des autres, mais vraiment consubstantielles, de même nature divine.

On allume donc successivement chacune des trois branches comme pour signifier le dessein éternel que les Trois Personnes Divines avaient de l’Incarnation du Verbe et de la Rédemption de l’homme. À proprement parler, il n’y a, dans Très-Sainte Trinité, ni moments ni temps, pas plus que de délibérations discurcives — comme procède notre raison humaine —, cependant, le plan de la Rédemption a été révélé à l’humanité dans le temps et apparaît à l’œil humain comme ayant été délibéré successivement par les Personnes Divines.

Une fois les trois branches allumées, c’est-à-dire lorsque les Trois Personnes Divines furent comme convenues du dessein de rachat de l’humanité, on allume finalement le cierge pascal.

Préalablement percé par les cinq clous d’encens, symbolisant les pieds, les mains et le côté percé de Notre-Seigneur Jésus-Christ, on tire le feu du cierge à trois branches et on allume avec le cierge pascal comme pour signifier l’Incarnation. On tire en effet le feu de l’une des trois branches car l’Incarnation a été le fait plus spécifique d’une des Personnes de la Très-Sainte Trinité : le Saint-Esprit, comme nous le savons par l’Évangile.

Le cierge pascal symbolise le Christ et sa double nature humaine et divine : la cire représente sa nature humaine percée par les clous — pour signifier la rédemption par le sacrifice de la croix, — et la flamme, sa nature divine.

L’Église, par cette cérémonie, nous donne une vivante et instructrice image de l’Incarnation du Verbe et de la Rédemption par la mort de la Croix.

Lumen Christi ! Deo gratias !

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(1) « excutitur ignis de lapide, » rub. 2, in vigilia paschalis.
(2) Rational ou manuel des divins offices, t. IV, chap. lxxx, 1.

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