Chroniques ecclésiastiques — Numéro 16

Commentaires des Pères
sur le côté ouvert de Notre-Seigneur

L’Église ayant rejoué les scènes sacrées de la Nativité, puis de la Passion et de la Rédemption, le cycle liturgique est en quelque sorte désormais arrivé à son terme.

En effet, la Rédemption ayant été accomplie, tout est consommé, c’est-à-dire, les temps ou le temps touche à sa fin. C’est la clausula sæculi, dont parlaient les Pères, les siècles se closent sur l’incomparable geste salvatrice du Verbe de Dieu.

Après la fête du Très-Saint Sacrement, comme pour nous remémorer quel arbre eut l’honneur de porter le fruit sublimissime de l’Eucharistie, l’Église souhaite, par la fête du Sacré-Cœur, nous rappeler que cet arbre ne fut autre que celui de la Croix.

Au chapitre xıx de l’Évangile de S. Jean, il est dit :

« ³³ Étant venus à Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; ³⁴ mais un des soldats lui ouvrit le côté avec sa lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. »

Saing Augustin commente ainsi ce passage :

« L’Evangéliste se sert ici d’une expression choisie à dessein ; il ne dit pas il frappa ou il blessa son côté, mais il ouvrit son côte avec une lance, pour nous apprendre qu’il ouvrait ainsi la porte de la vie d’où sont sortis les sacrements de l’Église, sans lesquels on ne peut avoir d’accès à la véritable vie.

“Et il en sortit aussitôt du sang et de l’eau.” Ce sang a été répandu pour la rémission des péchés, cette eau vient se mêler pour nous au breuvage du salut ; elle est à la fois un bain qui purifie et une boisson rafraîchissante.

Nous voyons une figure de ce mystère dans l’ordre donné à Noé d’ouvrir sur un des côtés de l’arche une porte par où pussent entrer les animaux qui devaient échapper au déluge, et qui représentaient l’Église (Gen. ⅴı, 16).

C’est en vue du même mystère que la première femme fut faite d’une des côtes d’Adam pendant son sommeil (Gen. ıı, 22).

Et nous voyons ici le second Adam s’endormir sur la croix après avoir incliné la tête pour qu’une épouse aussi lui fût formée par ce sang et cette eau qui coulèrent de son côté après sa mort.

Ô mort qui devient pour les morts un principe de résurrection et de vie ! Quoi de plus pur que ce sang ? Quoi de plus salutaire que cette blessure ? »

2 thoughts on “Chroniques ecclésiastiques — Numéro 16”

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