Chroniques ecclésiastiques — Numéro 17

Réponse à la question d’un lecteur
sur le sens d’un passage
de l’Épître de Saint Paul aux Éphésiens

 

Un fidèle lecteur nous a récemment questionné au sujet du sens de la parole de l’Apôtre des Gentils, lorsque, s’adressant aux Chrétiens d’Éphèse, il dit :

« ¹⁷ et que Jésus-Christ habite dans vos cœurs par la foi, afin que, étant enracinés et fondés dans la charité, ¹⁸ vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, la profondeur et la hauteur, ¹⁹ et connaître l’amour du Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. » — S. Paul aux Éphésiens, Chap. ııı, 17-19.

Sur ce mystérieux passage, saint Agustin (l.12, confess. c. 31) s’exprime ainsi :

« D’où vient que l’Apôtre dit de façon générale et comme indéterminée “Quelle pourrait être la largeur, et la longueur, la sublimité et la profondeur” n’expliquant pas, ni ne déterminant de quelle chose il discerne la largeur, et la longueur, la sublimité et la profondeur ?

C’est pourquoi les Pères développent ce passage avec une grande variété d’explications, toutes dignes de considération.

Voyez-y la fécondité des Saintes Écritures ! »

À l’invitation de l’Évêque d’Hippone, voyons ce que les Pères nous enseignent (Cornelius a Lapide, Comm. in S. Paul Eph.) :

« L’Apôtre parle à cet endroit du bienfait des dispositions et de la rédemption du Christ, à laquelle non seulement les Juifs mais encore tous les gentils sont appelés au salut, à la grace et à la béatitude ; il veut par cette phrase signifier combien glorieux fut ce mystère du Christ… »

« Il décrit donc les dimensions du Christ, ou les dimensions de la charité du Christ. »

« Si l’on souhaitait adapter chaque mot un par un, on pourrait procéder ainsi :

– quelle est la largeur, c’est-à-dire, sur quelle immensité ce mystère de la charité et des bienfaits du Christ ne s’étend-il pas : à savoir à tous les gentils et à tous les hommes, qui furent, sont et seront avant la loi, durant la loi, et après la loi ;

– quelle est la longueur, c’est-à-dire, depuis combien de temps ce mystère ne fut-il pas établi, en fait : de toute éternité ;

– quelle est la profondeur, c’est-à-dire, si profond que la puissance du Christ s’étend jusqu’aux enfers y compris ;

– quelle est la hauteur, ou en d’autres termes, si haut, qu’on peut dire que le Christ aura amené jusqu’à lui nos prémisses au-dessus de tous les cieux, et nous élèvera ensuite. »

D’autres encore, comme S. Grégoire de Nysse, ont vu dans ces indications les dimensions de la Croix :

« L’Apôtre veut faire allusion aux bras de la Croix, dont le bras du sommet est dit être la hauteur, et la partie basse la profondeur ; l’une des parties transversales étant désignée par le mot largeur, et l’autre longueur.

Et d’autres ajoutent encore :

S’il fallut que la croix eût ces quatre dimensions et ces quatre bras, c’est afin qu’à toute la terre soient annoncées les quatre plaies, et pour signifier que toute la terre appartient à la croix, ou y est appelée.

C’est pourquoi S. Grégoire de Nysse appelle la Croix le lien de l’univers. »

Voici donc quelques commentaires des Pères qui, nous l’espérons, édifieront vos âmes et pourront en outre susciter l’admiration pour les richesses secrètes et infinies de notre sainte religion.

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