Vraie et fausse charité

Il est certes difficile de ne pas prêter l’oreille aux innombrables sirènes du monde qui, constamment, et sur tous les tons, et par tous les artifices, cherchent à solliciter notre attention, à caresser notre sensibilité, à exacerber nos senses, dans l’honteux et scélérat dessein d’obscurcir notre raison, d’amollir notre volonté, d’étioler nos vertus, et, ultimement, d’enténébrer la lumière la foi et d’éteindre —ce qu’à Dieu ne plaise— le feu de la vraie la charité.

Car la panoplie des bons sentiments et des généreux dévouements que l’on pourra trouver tout autour de nous est si vaste et si variée, que l’on pourrait facilement succomber à cette idée —très répandue, d’ailleurs— que par une certaine pratique sociale de la charité (ce qu’on appellerait, en langue catholique : les œuvres de miséricordes corporelles), d’aucun pourra, par là seul, se sauver, nonobstant une adhésion véritable des puissances de l’âme au dépôt de la foi.

– Les Tradis ne font que critiquer ce que font les autres, sans jamais mettre la main à l’ouvrage ! Chez les charismatiques et autres catholiques conciliaires, du moins, la charité est vécue et pratiquée ! Les Tradis ont peut-être la foi, mais les conciliaires ont la charité !

S’il est vrai que les « Tradis » ont une très-condamnable tendance à l’arrogance, à la méchanceté et à la critique, plusieurs remarques nous semble devoir être faites.

Quoique ce ne soit pas notre propos ici, notons cependant que nous nous refusons à nous désigner comme « catholiques traditionalites,» ou «traditionalistes.»

Le «milieu traditionaliste,» comme il est coutume de l’appeler, est un conglomérat épars, où se croisent de nombreuses écoles de pensée, politiquement teinté, et où la lumière de la vraie foi, en réalité, est aussi vacillante que dans «d’autres milieux.» Seules y diffèrent la teinte politique, les erreurs et hérésies que l’on pourrait trouver ailleurs.

Pour nous, donc, contentons-nous d’être catholiques, simplement catholiques —sans ajout, sans retrait.

Venons-en donc au vif du sujet : quelle vive douleur que de constater à quel point le mot charité a été flétri, et même totalement vidé de sa substance. Faisons, là-aussi, quelques rappels utiles :

La charité est une vertu surnaturelle par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toutes choses à cause de lui-même, et nous-même et le prochain à cause de Dieu. [Catéchisme catholique pour adultes, Cardinal Gasparri, Chabeuil, p.760]

Nous disons, vertu surnaturelle, parce que par la charité, nous aimons Dieu tel qu’il est connu non par nos seules forces naturelles, mais par les secours que Dieu donne lui-même. [p. 260, note n°1]

Parmi ces secours que Dieu donne, il y a tout d’abord la révélation divine, contenue dans la Sainte-Écrite et la tradition, qui constitue le dépôt sacré de la foi.

Dieu, sachant notre intelligence blessée par le péché originel et notre propension à l’ignorance, a daigné se révéler lui-même, se faire connaître directement aux vénérables patriarches et prophètes de l’Ancienne alliance, en les enseignant sur sa nature, ses attributs, sa volonté, ses commandements. Puis, dans la Nouvelle alliance, Dieu voulut encore s’incarner dans la personne du Verbe, vivre sur terre, et sceller cette Alliance par l’effusion de son Sang. Il lui plut de fonder son Église unique, la Sainte Église catholique, guidée par son chef visible le Souverain pontife —lui-même assisté du Saint-Esprit,— et qui a pour mission de garder, d’expliciter et de faire connaître le dépôt de la foi, par le canal de son magistère.

Ainsi, s’applique la parole de Notre-Seigneur s’adressant à ses apôtres, « qui vous écoute, m’écoute » [S. Luc, x, 16].

Autrement dit, ceux qui écoutent les apôtres et leurs légitimes successeurs, écoute Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a fondé son Église, et une hiérarchie, à cette fin d’enseigner le troupeau.

Ceux qui, au contraire, renâclent à humblement recevoir les enseignements des ministres de la Sainte Église, se refusent à écouter Notre-Seigneur ; et cela non pas par allégorie, mais réellement.

La charité, en tant qu’elle se rapporte à Dieu, doit porter à accomplir la volonté divine, et donc à accepter sans aucune réserve sa Révélation, sa Parole… c’est-à-dire à aimer « Dieu tel qu’il est connu […] par les secours que Dieu donne lui-même, » comme nous l’avons vu plus haut.

Qui oserait alors prétendre véritablement aimer Dieu —c’est-à-dire être animé d’une vraie charité— sans, en même temps, recevoir et embrasser sa Parole, croire en sa Révélation ?

1 thought on “Vraie et fausse charité”

  1. Vous assenez fortement sur les « Tradis » , que sera-ce alors sur les non una cum ?
    comme disait un très connu chef d’état –Vous n’avez pas le monopole du coeur !
    je ne sais si vous recevrez ce que je vais vous envoyer ,c’est un texte assez édifiant , Mon Dieu nous en avons vraiment besoin ,réfléchissez-y , et m’y répondez
    Que Dieu vous garde et vous éclaire
    R.M.

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